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Le destin et New Moon
En septembre 1986, alors que je venais d'être expulsé du
Danemark, je suis arrivé à l'aéroport de Bruxelles-National.
J'avais devant moi trois jours à occuper et les remplir d'images
avant de rejoindre mes amis de Dellys, en Algérie.
A l'aéroport, ma mandole ne rentrait pas dans la consigne. Alors
j'ai décidé de la laisser m'accompagner dans mon voyage
vers la capitale belge qui allait devenir la capitale de l'Europe.
Arrivé à la gare du nord, je suivis la foule, chacun
cherchant son train. Eux, au moins, savaient où ils allaient.
Dans la sortie sud de la gare, j'ai remarqué un musicien qui
jouait de la musique rock. Je m'arrêtai pour regarder et reprendre
mes esprits sans me faire trop remarquer.
Voyant ma mandole, il m'invita, sa demi-heure écoulée
-comme c'est la règle entre musiciens de rue- à le remplacer.
Sans hésiter, je pris place, fermant les yeux pour oublier ce
qu'auraient pu en penser mes amis et ma famille. Quand j'ouvris les
yeux : une pluie de billets de banque dans mon chapeau ! Un jeune marocain
d'une douzaine années s'approcha alors de moi et me dit : « Monsieur,
il y a un meilleur endroit pour chanter, avec beaucoup de touristes ».
Sans dire un mot, je suivis la voix de l'ange, lui proposant 50% de
ma recette et un kilo de dattes fraîches (celles que je n'avais
pas pu donner à mes amis danois !).
« Vous chantez très bien, vous avez une belle voix »
Devant moi, un belge me disait ce que ne m'avaient jamais dit mes
propres frères. Il me demanda ensuite si j'avais mangé,
si j'avais un endroit où dormir ? j'ai répondu non !.
Il voulait m'aider, il irait parler à sa femme, et revenir … j'étais
un peu inquiet tout de même de ce qui m'arrivait ce vendredi
soir-là, j'ai attendu son retour !!!…Depuis ce jour-là,
Bruxelles m'a adopté.
Avec cette nouvelle famille qui m'ouvrait les portes de sa maison
et de son cœur, une autre vie allait commencer. Je continuai à chanter
dans les rues de Bruxelles, dans le métro.
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